Interviews

PIANO, No. 17 – 2003-2004

Numéro hors série de La Lettre du Musicien

Intérpreter Debussy aujourd’hui

Interview avec Maria Luisa Cantos

Elève de Lazare Lévy qui lui fit travailler les classiques, mais également Debussy et Ravel, puis de Richard Haus à Vienne, la pianiste catalane Maria Luisa Cantos a réalisé pour Solstice un des plus intéressants récitals debussystes de ces dernières années.

Vous sentez-vous des affinités particulières avec Debussy?
L’impressionnisme pianistique et le toucher qu’impose Debussy sont très proches de ma sensibilité. Le problème du toucher était au centre des préoccupations de Lazare Lévy comme de Richard hauser. Chez Debussy, c’est une exigence évidente et permanente, bien que ce ne soit pas la seule.

Comment avez-vous choisi le programme?
Les pièces d’inspiration hispanique s’imposaient (La Puerta del viño, Soirée dans Grenade, La Sérénade interrompue), mais aussi des pages que j’aime profondément comme Voiles ou La Cathédrale engloutie. Mais je voulais montrer aussi des aspects contrastés de la musique de Debuusy, le brio de Pour le piano, l’humor de General Lavine eccentric

Quels sont les points de rencontre entre Debussy et la musique espagnole?
Je me suis toujours émerveillée de la capacité de Debussy à transmettre l’esprit méditerranéen et espagnol, lui qui n’avait jamais mis les pieds en Espagne. Je crois que les musiciens français impressionnistes étaient sensibles aux rythmes, aux couleurs, aux harmonies qui leur permettaient d’échapper à la tradition académique européenne. D’où leur intérêt pour la musique russe. J’aime personnellement beaucoup la musique russe, à laquelle je trouve des ressemblance avec la musique espagnole, par son utilisation du folklore, et par sa force aussi.

D’où vient cette proximité?
Probablement de lointaines influences orientales, assez étrangères à la musique classique européenne, mais que Debussy a su capter.

Propos recueillis par Jacques Bonnaure

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